La Poupée sanglante nous laissait sur une triple interrogation: Bénédict Masson, le relieur de l'Île Saint-Louis, décapité par décision de justice, est-il vraiment l'auteur des crimes atroces qui lui sont reprochés? Qui est cet étrange Gabriel, aperçu par Masson dans la demeure de son voisin horloger, et qui semble avoir survécu aux blessures que lui a infligées M. Norbert? Enfin la marquise de Coulteray a-t-elle été victime de son époux, qu'elle accusait d'être un vampire?

Ces trois énigmes, qui n'avaient pour points communs que leurs divers protagonistes, vont nouer progressivement leurs fils dans ce deuxième volume d'une aventure marquée à nouveau au sceau du rocambolesque. Tandis que l'esprit de Bénédict Masson, arraché à la mort et réimplanté dans le corps de Gabriel, dévoile sa sauvage passion pour Christine en la kidnappant, la ville de Paris est balayée par un vent de panique: Gabriel, l'automate inventé par les Norbert et Jacques Cotentin, est soupçonné des pires actions et on le croit même capable de mordre ses victimes à distance afin de s'abreuver de leur sang. Les services de la Sûreté générale sont sur les dents et l'insaisissable machine à assassiner continue d'agir dans l'ombre d'une secte effrayante, dont les moeurs vampiriques, inspirées de la mythologie hindoue, sont une insulte à la raison et au progrès. Les plus grands savants s'affrontent pour déterminer si les travaux de Jacques Cotentin ont véritablement pu réaliser l'impensable, en dépit de toutes les preuves apportées par les journaux. Un mystérieux journaliste, signant XXX, s'amuse à distiller d'étonnantes vérités dans la presse et relance sans cesse l'effroi et la curiosité. Il faudra toute la sagacité de Cotentin, le seul à avoir suivi la trace du prétendu monstre, le seul à connaître ce qui se passe dans la crypte des Coulteray, pour connaître enfin tous les dessous de cartes de cette ténébreuse affaire, qui méritait bien d'être qualifiée de "sublime" par l'auteur.

La Machine à assassiner de Gaston LEROUX (1924), éd. de l'Aube, coll. Les Populaires, 2006