On se retrouve à Florès, un quartier de Buenos Aires. Maxi, jeune homme qui passe son temps dans le gymnase du quartier, découvre le monde des "cartonniers", victimes de la crise économique qui a sévi en Argentine. Ces derniers vivent dans le Florès d'en-bas, dans une partie étrange surnommée "le manège". Maxi, au physique impressionnant, comme son nom le révèle d'une certaine manière, s'insère dans la valse nocturne des cartonniers à la recherche d'ordures et devient littéralement leur cheval de trait. Cette valse l'amène à entrer dans cet enchevêtrement de bidons qui constitue le manège. Il y découvre un labyrinthe dans lequel c'est l'éclairage qui permet de se repérer.

Parallèlement une intrigue avec crime, mystère et policier véreux sévit dans le pourtour de Maxi, intrigue dont on sent qu'elle se déploie vers le malheur de Maxi. Tous les éléments du livre convergent alors vers une apocalypse finale sous un déluge nocturne. Un tour de manège qui confine au tour de magie sauvera notre héros.

César Aira nous invite encore à l'espièglerie dans ce livre où la lumière et les jeux d'optique ont toute leur importance. En effet on y rencontre quelques créatures des miroirs, on plonge dans l'infini vertige des miroirs qui se reflètent l'un l'autre. Ce livre est toujours dans l'esprit empiriste de César Aira, qui a quelques lettres d'enchanteur ou de mécanicien farfelu.

Le Manège (La Villa, 2001) de César AIRA, traduit de l'espagnol, Argentine, par Michel Lafon, éd. André Dimanche, 2003.