Paludes 467 du vendredi 7 décembre 2007
Par Nikola le vendredi 7 décembre 2007, 09:53 - Emissions - Lien permanent
Au programme, deux lectures (Wittkop, Bioy Casares) et l'Arrache-Coeur 247 (Saltykov-Chtchédrine, Burroughs, Delaney), à écouter sur cette page.
LECTURES:
- Chaque jour est un arbre qui tombe (2006) de Gabrielle WITTKOP, éd. Gallimard/Verticales, 2006; rééd. coll. Folio, 2007: Lecture par Nikola...
- "La Chambre sans fenêtres" d'Adolfo BIOY CASARES, in Nouvelles démesurées (Historias desaforadas, 1986), traduit de l'espagnol, Argentine, par Eduardo Jiménez, éd. Robert Laffont, 1989; rééd. Le Livre de poche Biblio, 2000: Lecture par Carole (La présentation de l'ouvrage par Carole est audible ici.)
ARRACHE-COEUR 247:
Les Golovlev (1880) de
Mikhaïl Ievgrafovitch SALTYKOV-CHTCHEDRINE, traduit du russe par Sylvie
Luneau, éd. Gallimard, 1949; rééd. Sillage, 2007: Présentation par
Nikola...
Lettres de Tanger à Allen
Ginsberg (Letters to Allen Ginsberg, 1982) de Wlliam BURROUGHS, traduit
de l'anglais, USA, par Sylvie Durastanti, éd. Christian Bourgois, 1990;
rééd. coll. Titres, n°61, 2007: Présentation par Carole
La Lumière de Salomon (2007) de
Bryan DELANEY, traduit de l'anglais, Irlande, par Bernadette Casès et l'auteur,
éd. Fissile, 2007:
Présentation par Nikola...
Commentaires
Je vous disais, Nikola, que je continue mon exploration de Paludes, et suis heureuse d'y faire des découvertes, de celles qui changent la vie d'un lecteur (vous savez lesquelles), mais aussi d'y retrouver des oeuvres un peu enfouies dans ma mémoire. Les Golovlev est un très beau roman, j'y suis venue par Dostoïevski, qui, comme vous le dites, entretenait avec Saltykov-Chtchédrine des relations pour le moins compliquées. Il l'évoque plutôt longuement dans son Journal d'un Ecrivain, et le mentionne -méchamment- dans Les Frères Karamazov par la bouche de madame Kholkakov, cette femme "moderne" qui cite à tort et à travers les auteurs que Dostoïevski méprise un peu (j'aime beaucoup son : "Assez! comme disait Tourguéniev").
L'origine de la mésentente entre les deux écrivains est politique et s'accentue à mesure que Dostoïevski s'éloigne des radicaux de Pétrachevski et se rapproche des slavophiles...
Mais il reste que Les Golovlev est un texte incroyable, d'une confondante noirceur, aucun personnage ne venant sauver l'autre, dans cette galerie d'êtres veules, stupides, paresseux, qui suscitent autant le rire que la pitié (quoique...). Une sorte d'anti Frères Karamazov, publié à peu près en même temps. Saltykov n'a pas la même foi en l'âme russe que Dostoïevski, sans doute est-il plus réaliste. Il reste que c'est vraiment un auteur à (re)découvrir, et je suis très contente de le rencontrer ici!
Amitiés
Anne-Françoise
Merci à vous, Anne-Françoise, pour ce long et précis commentaire autour des Golovlev, que j'avais beaucoup apprécié. C'est un roman sombre, sans appel, comme vous le dites si justement: une galerie de portraits tous plus ignominieux les uns que les autres. Un jeu de massacres, pourrait-on même dire, tant Saltykov-Chtchédrine semble y prendre de plaisir.
Amitiés,
Nikola...