Paludes 541 du vendredi 13 novembre 2009
Par Nikola le samedi 14 novembre 2009, 11:56 - Emissions - Lien permanent
Au programme, deux lectures (Tavares, Volodine) suivies de l'Arrache-Coeur 317 (Tavares, Volodine, Lowry), à écouter sur cette page.
LECTURES:
- Monsieur Kraus et la politique (Sr Kraus, 2005) de Gonçalo M. TAVARES, traduit du portugais par Dominique Nédellec, éd. Viviane Hamy, 2009: Lecture par Nikola...
- Rituel du mépris (1986) d'Antoine VOLODINE, éd. Denoël, 1986; rééd. coll. Des heures durant, 2003: Lecture par Carole
ARRACHE-COEUR 317:
Monsieur Kraus et la politique (Sr
Kraus, 2005) et Monsieur Calvino et la promenade (Sr
Calvino, 2005) de Gonçalo M. TAVARES, traduits du portugais par Dominique
Nédellec, éd. Viviane Hamy,
2009:
Rituel du mépris (1986) d'Antoine VOLODINE, éd.
Denoël, 1986; rééd. coll. Des heures
durant, 2003:
Au-dessous du volcan (Under The
Volcano, 1947) de Malcolm LOWRY, traduit de
l'anglais par Stéphane Spriel avec l'aide de Clarisse Francillon et de
l'auteur, éd. Le Club Français du Livre, 1959; rééd. Gallimard, coll. Folio, 1973:

Commentaires
Enfer et damnation sous le soleil du Mexique!
Nikola, j'attends avec impatience ta vision sub-volcanique.
Tu n'es pas sans ignorer que j'ai une tendresse toute particulière pour ce roman de la déchéance signé Sir Lowry car il fait partie de la genèse d'un livre qui m'est cher.
En effet, Alberto Ongaro est littéralement rentré à l'intérieur de ce dernier au Mexique le jour de la fête des morts. A partir de sa lecture, l'idée d'une oeuvre au sein de laquelle le lecteur pénètre a soudainement jailli en lui, pour finalement donner lieu à une passionnante Taverne du doge Loredan.
Pour les deux ans de mon blog, le roman sera célébré le 20 novembre.
Complot? Malveillance? Malédiction? Je ne sais, cher Edwood, à quoi attribuer cette défaillance technique des archives. Normalement (sous réserve d'imprévus négatifs, évidemment) l'émission est bien enregistrée, mais il est impossible de la récupérer sur le site de Campus. Je vous fais signe dès que le problème est réparé. Mais d'ici là, tu auras fêté tes deux ans de blog, et rendu l'hommage qu'il se doit à ce fascinant roman de Lowry.
Amicalement,
Nikola...
En fait, il s'agit du roman d'Ongaro qui sera fêté.
"No se puede vivir sin amor".
Ce livre est hanté et c'est pourquoi ceux qui l'ont eu entre les mains se reconnaissent entre eux.
Nikola, tu es comme toujours remarquable pour faire ressurgir les impressions de lecture.
J'avais eu entre les mains l'édition dont tu parles (chez Folio) et y avais regretté une confusion excessive. Je me suis procuré l'édition Grasset mais ne sais pas finalement après coup, si cette confusion n'est pas toute volontaire pour imprégner le lecteur de l'état hors-norme de ce consul, imbibé d'alcool.
Cher Edwood,
je te remercie chaleureusement pour ton commentaire. Ce texte de Malcolm Lowry - c'est la première fois que je lis cet auteur - m'a profondément marqué: images et situations continuent de me hanter, comme tu l'écris justement. C'est un roman qui s'infiltre dans les veines du lecteur et modifie sa perception normale, pour le faire pénétrer dans un état second, où d'imperceptibles éléments prennent tout à coup une dimension qu'on n'aurait jamais pu leur supposer. Je n'ai pas confronté cette traduction avec celle de Darras - elle a ses partisans et ses détracteurs - mais je ne serais guère surpris que l'ébriété y ait également imposé sa marque.
Amicalement,
Nikola...
Merci, cher Nikola, de ta critique du livre de Lowry qui m'avait tant fascinée! Je me suis immédiatement inscrite comme membre de cette confrérie évoquée par Nadeau, car il est effectivement un des rares livres que l'ont ait envie de relire en sachant pertinemment que l'on y décèlera toujours des éléments nouveaux. L'ébriété du personnage principal (qui est présente tout au long du roman) est accompagnée d'un halo de souffrance, d'une incapacité à communiquer qui nous touche de façon immédiate et profonde; on sent, tout comme la présence (métaphorique aussi) du volcan, l'inaccessibilité permanente entre Yvonne et Geoffrey. On espère un déclic, un événement qui ne surviendra pas. Une lecture certes difficile mais tellement jubilatoire! Il est des scènes qu'on ne peut oublier.
Un monde absurde et
poétique, j'y ai retrouvé le rythme de la langue de Ionesco.
Quant aux deux petits livres de Tavares, je ne peux qu'en recommander également la lecture car j'ai passé des moments fort agréables et j'ai bien ri! Qui aura la curiosité de vouloir découvrir en lisant Monsieur Calvino ce que sont "les moyens aériens bas et les moyens aériens hauts"?
Amicalement,
Timo
Merci à toi, Timo, de ces quelques paroles extrêmement justes sur le livre de Lowry. Il faut croire que cette confrérie évoquée par Nadeau a des accointances secrètes avec les marais paludéens, car le roman fait l'unanimité parmi nos commentateurs réguliers. Je suis heureux que les petits textes de Tavares aient également trouvé grâce à tes yeux. Sur un mode certes mineur face à Au-dessous du volcan, ils n'en constituent pas moins de savoureuses lectures, à l'inquiétante et jubilatoire étrangeté.
Très amicalement,
Nikola...